Comment s’approprier les objets connectés

montre connectee deenero store boutique

Porter la montre connectée à votre poignet jour et nuit peut vous aider à savoir si vous dormez bien.

Un patch connecté que les diabétiques portent sur le bras leur permet de surveiller leur taux de glycémie sans se piquer les doigts. Le 9 février, ces deux objets ont reçu l’un des trophées de la santé mobile remis à l’IUT de Paris-Diderot, remis par un jury d’experts, attestant de leur importante valeur ajoutée pour les utilisateurs.
Ces dernières années, les fabricants de montres et bracelets connectés lunettes et autres objets connectés ont fait de nombreuses promesses. Trop nombreuses, à en juger par l’écart entre la prolifération de ces objets et le rôle modeste que ces dispositifs jouent dans notre vie quotidienne. Pour la plupart, ils sont considérés comme des gadgets, achetés sur un coup de tête puis rapidement oubliés au fond d’un tiroir. Le temps n’est pas encore venu où ces appareils sont aussi familiers et vitaux pour nous que nos smartphones.

Alors que les objets connectés pour le bien-être peinent à prouver leur utilité, certains appareils médicaux connectés sont devenus indispensables pour les patients. Ils sont principalement utilisés à des fins de diagnostic ou de prévention ou pour aider à traiter une maladie, comme les glucomètres pour le diabète. Cela nous amène à explorer le processus par lequel les utilisateurs s’approprient ces objets.

Plus d’objets connectés que d’humains sur notre planète
En 2017, pour la première fois, le nombre d’objets connectés a dépassé le nombre d’humains sur notre planète. Il existe aujourd’hui 8,4 milliards de ces dispositifs qui collectent, stockent, traitent et transmettent des données, selon le cabinet de conseil technologique Gartner. Et il s’attend à ce que ce nombre dépasse les 20 milliards d’ici la fin de 2020.

Un lecteur de glycémie connecté par Freestyle Libre
Les appareils de santé et de bien-être devraient connaître une croissance tout aussi spectaculaire. Le nombre de ces dispositifs devrait passer de 73 millions dans le monde en 2016 à 161 millions en 2020, selon le cabinet de conseil Grand View Research.

Mais qu’en pensent les utilisateurs ? Ils restent… dubitatifs. Si 73% des Français pensent que les objets connectés peuvent être utiles pour leur santé, selon un sondage réalisé par Opinion Way en mars 2017, seuls 35% d’entre eux déclarent voir l’intérêt de tels produits pour le suivi de leur santé. Et seuls 11 % déclarent posséder une montre connectée.

Prix élevés, risque de dépendance et manque de fiabilité des mesures
Comment expliquer alors ce manque d’enthousiasme des utilisateurs ? En 2017, les deux associations qui regroupent les principaux fabricants d’objets connectés, l’Acsel et le Carrefour de l’Internet des objets, ont publié un Observatoire de la vie connectée. Leur étude a révélé plusieurs obstacles à ces dispositifs : des prix trop élevés, la crainte de voir des données personnelles utilisées sans consentement éclairé, le risque de devenir dépendant, des problèmes de fiabilité et de mesure de la sécurité.

Au-delà même de ces préoccupations, il semblerait que les fabricants aient été un peu trop prompts à croire que ces objets révolutionnaires allaient séduire leurs concitoyens. De ce fait, si certains consommateurs les ont adoptés, très peu se sont effectivement appropriés ces objets.

Il s’agit là de deux concepts totalement différents, comme les fabricants commencent seulement à le découvrir. Un produit ou un service est « adopté » par les consommateurs lorsqu’ils décident de l’essayer ou de l’acheter. La « prise de possession » de ces objets, cependant, est un processus plus long et n’est réalisée que lorsque la technologie est devenue partie intégrante de la vie quotidienne d’un individu.

Un objet physique, associé à un service pour l’individu
S’approprier un objet connecté, c’est s’approprier chacun de ses quatre aspects spécifiques.

Tout d’abord, les utilisateurs doivent s’approprier le produit lui-même, dans ses aspects physiques. Une montre connectée, par exemple, est avant tout une montre, c’est-à-dire un objet porté au poignet pour indiquer l’heure.

La bague Oura enregistre des informations sur la qualité du sommeil
Ensuite, les utilisateurs doivent s’approprier le service fourni par l’objet, sa dimension immatérielle, souvent par le biais d’une application mobile. Ce service consiste à présenter les données collectées sous forme de graphiques ou de tableaux et propose généralement une fonction d’accompagnement ou un programme destiné à améliorer la santé de l’utilisateur. Par exemple, les balances connectées transmettent à une application des mesures de poids et de pourcentage de graisse corporelle. L’application fournit ensuite des recommandations pour nous aider à les stabiliser.

L’objet lui-même est connecté à un ou plusieurs autres objets. Il transmet des données à un smartphone, à d’autres objets connectés ou à une plateforme de données. Cette dimension va au-delà de l’objet lui-même, et doit également faire partie de la vie quotidienne de l’individu.

Enfin, l’objet permet de communiquer avec les autres, en partageant le nombre de pas effectués dans la journée avec un groupe d’amis participant à un challenge, par exemple. L’utilisateur ne peut s’habituer à ce lien social d’homme à homme qu’à travers un processus dans lequel il s’approprie pleinement l’appareil.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *